Les résistants au changement climatique au Burkina

Le changement climatique épuise les sols et les populations.

Le climat sahélien s’étend de plus en plus vers le sud, ensablant inexorablement les cultures.

Bogandé, chef-lieu de la province de la Gnagna, dans l’est du Burkina Faso. Il est à peine 16 heures, le 21 mai, quand soudain un vent violent envahit la ville, soulevant sable et poussière et plongeant les rues dans une quasi-obscurité, à en faire perdre la tête aux chèvres vagabondes.

Dans les villages de cette province, les gens font directement un lien entre ces phénomènes climatiques et la dégradation de leurs conditions de vie ; ils racontent comment ces vents rouges, de plus en plus fréquents, sont dévastateurs, ensablent leurs cultures, détruisent les habitations, propagent des maladies dans leurs troupeaux.

Sur la grande plaine de la Gnagna, en cette fin mai, la terre est sèche, craquelée. Les seules taches vertes proviennent des quelques rares arbres, des acacias seyal, qui parsèment l’espace. Dans les villages, la plupart des puits sont taris. On est en pleine période de “soudure” où les réserves de la récolte précédente s’épuisent et que la nouvelle n’est pas exploitable. Et la pluie n’arrive toujours pas.

Dans l’Est du pays, où l’ONG cible la majorité de ses bénéficiaires burkinabés, les taux de malnutrition aiguë sont parmi les plus élevés du pays : dans la Gnagna, 7,5 % des enfants de moins de 5 ans sont malnutris, et dans les provinces voisines de Komondjari, de Gourma et de la Tapoa, ce sont même plus de 10 %. Et les conséquences des événements climatiques, auxquelles les populations sont de plus en plus soumises, accroissent encore un peu plus la vulnérabilité des plus pauvres. En savoir plus